Aménagements: Pêcherie, Front de mer et Place d’Armes

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Lancez. C’était le maître-mot de la visite d’hier samedi. En enjoignant aux maîtres d’ouvrages de démarrer illico presto leurs chantiers respectifs, le wali voulait provoquer un « déclic » dans le processus de mise à niveau des points phares du centre-ville. Trop de réflexion tue l’action. C’est cela qui a fait muer par couches superposées Oran-ville en grand douar.

L’image n’est pas exagérée. Il suffit de voir l’état des lieux de la pêcherie, du front de mer, de la place d’Armes, des arcades de la rue Larbi Ben M’hidi, pour ne citer que ces quelques échantillons, pour se rendre compte de ce basculement à petit feu de la citadinité, comme mode architectural et urbain et par ricochet comme cadre de vie, vers la ruralité au sens le plus péjoratif. Les photos de points de repère du boulevard de l’ALN, qui défilaient en boucle à la présentation du projet y afférent faite par le maître d’œuvre, renseignaient sur l’amateurisme, l’absence de savoir et de goût chez ceux qui se sont relayés au gré des mandats pour « relooker » ce grand balcon plus qu’elles n’avaient valeur d’arguments d’opportunité. Le carrelage du sol, le comble de l’horreur, est à lui seul la preuve irréfutable de l’absence d’un minimum de sens artistique, à tout le moins, chez ceux qui ont reconfiguré – ou plutôt défiguré – ce boulevard emblématique d’Oran. Or, l’heure n’est plus aux lamentations ni aux diatribes, les satires et les questions du genre « qui a fait quoi ? » et « qui a cautionné quoi ? ».

VITE MAIS BIEN

Le temps presse. Le rendez-vous tant attendu est proche. Mais bien indépendamment de cette échéance à l’international, il est grand temps de corriger les erreurs. Certaines erreurs du moins. Vite mais bien. C’est ça l’idée-force du projet portant la signature de Mouloud Cherifi, ciblant Oran-ville, inscrit sous le grand sceau de l’Environnement. Douze jours après sa tournée à pied à travers le centre-ville, histoire de poser les maquettes sur le terrain et de confronter les études avec la réalité, le wali y est revenu hier. Pour ordonner le coup d’envoi des travaux, dont les études sont arrivées à maturation et qui ne s’accommodaient donc plus, à ses yeux, de délais supplémentaires « avant lancement ». C’est le cas du projet d’aménagement d’un carrefour au niveau de la pêcherie, relevant d’un plan de restructuration de tout le périmètre de la sortie de la ville, côté corniche. Pour un coût de 72,5 millions de dinars, ce « lot » avec un giratoire à la clé au sortir du tunnel débouchant sur fort Lamoune, faisant partie du master plan général (qui prévoit aussi, entre autres, un projet en partenariat public – privé diligenté par l’Agence foncière), est piloté par la DTP qui en a confié la réalisation à une entreprise privée pour un délai de deux mois. L’un des éléments-clés de ce plan de réaménagement de l’accessibilité à ce niveau, sa création d’un raccourci direct vers le site de Santa Cruz.

CARREFOUR A LA PECHERIE AVEC ACCES DIRECT VERS SANTA CRUZ

Les automobilistes pourront donc accéder, via cette nouvelle liaison, au fort de Santa Cruz, la chapelle de la Vierge et le plateau de Moulay Abdelkader, à partir de ce carrefour, sans devoir faire un long et fort contraignant détour en empruntant un ancien et non moins périlleux passage via Sidi El-Houari. C’est tout le périmètre de Scaléra qui sera réhabilité et mis en valeur par effet d’entraînement. Le directeur de l’hydraulique a été instruit par le wali de chercher une forme d’habillage pour la station de relevage, en cours de réalisation sur place, qui sied au nouvel aspect qu’on veut empreindre sur ce site. Le chef de l’exécutif local, qui était accompagné par l’ex-ministre Mohamed El-Ghazi à la tête d’une délégation du sénat en visite à Oran depuis une semaine, a également donné son feu vert à la DTP pour le lancement des travaux d’un jardin longeant la RN4, comprenant une aire de promenade sur 10 hectares, un espace vert sur 6 hectares, un jet d’eau sur 400 m², un parking sur 2.700 m² ainsi que des échoppes et des locaux techniques. Le coût de ce projet est évalué à 419 millions de dinars.

Au niveau de la place du 1er Novembre 1954, le wali a enjoint l’APC d’Oran, le maître d’ouvrage, de lancer sans délai les travaux d’extension de cette place, basé sur un plan d’aménagement spécifique comprenant un accès à partir du site, « rétrocédé » à la commune, de l’ancien centre de formation de l’ANP vers le Châteauneuf et Roza Alcazar.

24 MILLIARDS POUR L’EXTENSION DE LA PLACE D’ARMES

Il s’agit de la 1ère tranche, d’un montant de 50 millions de dinars du fonds communal, d’un montage financier global de 240 millions de dinars impliquant la wilaya à concurrence de 190 millions de dinars. La verdure et les fontaines sèches musicales représentent un bon ratio du site prévu, avec comme concept-clé une pleine ouverture sur l’espace public jusqu’à la promenade de Létang, le démantèlement des murs de clôture et leur remplacement par du fer forgé. Alors qu’un point de présentation était prévu à hauteur de front de mer concernant le projet de relookage de ce boulevard, pour un montant de 300 millions de dinars, le wali a fait « deux en un » à place d’Armes, avec les mêmes consignes de lancement immédiat des travaux et le respect strict du délai contractuel.

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